« Energies pour l’industrie » : une première édition réussie

La première journée d’information, d’échanges et de networking destinée à accompagner les entreprises industrielles dans leurs démarches de transition énergétique et d’amélioration de leur compétitivité a attiré près de 400 personnes à Grenoble le 28 novembre dernier.

C’est la première fois qu’Auvergne Rhône-Alpes Entreprises organisait, en lien avec le Conseil Régional et 20 partenaires * une journée dédiée à l’accompagnement des entreprises industrielles dans leur stratégie énergétique.

Une journée riche en contenus

Près de 400 personnes, dont les 2/3 travaillent dans des entreprises industrielles et de services à l’industrie, ont participé à cette journée organisée autour de 14 tables rondes et ateliers-échanges, dans lesquels une cinquantaine d’experts et d’entreprises ont pu apporter, pour les premiers, un éclairage filière et technique sur le sujet de l’énergie et, pour les deuxièmes, leurs retours d’expériences dans la mise en œuvre de démarches énergétiques.

Cette journée a été également ponctuée de plusieurs temps de networking au sein d’un showroom regroupant une trentaine d’exposants, des offreurs de solutions et des acteurs privés et publics de l’énergie.

La transition vers une industrie bas carbone

Christel Heydemann, Présidente de Schneider Electric France, Guillaume Boudy, Secrétaire général pour l'investissement, Guy Sidos, PDG de Vicat et Fabrice Boissier, Directeur Général Délégué de l'Ademe ont ouvert cette journée en évoquant les enjeux posés par la transition vers une industrie bas carbone.

Pour Christel Heydemann, l’efficacité énergétique est source de gains financiers et de compétitivité. Au sein du groupe Schneider, la transition énergétique est également un critère d’attractivité salariale face aux salariés de plus en plus exigeants vis-à-vis des émissions de gaz à effet de serre.

Selon Fabrice Boissier, les industriels doivent penser leur entreprise à 5 ou 10 ans dans un contexte où les critères de choix des consommateurs et des investisseurs ainsi que les réglementations évoluent rapidement.

Des enjeux réglementaires partagés par Vicat qui souligne également l’importance pour une entreprise familiale d’être à la hauteur de la crise du réchauffement climatique.

Pour répondre à ces enjeux, les intervenants ont cité divers leviers :

  • L’optimisation des équipements. En effet, selon l’Ademe, les industriels pourraient économiser 20 % d’énergie d’ici 2035 dont les 2/3 à travers une évolution de leurs pratiques,
  • La modernisation des équipements (40% de l’énergie des industriels est consommée par des outils de plus de 30 ans),
  • Le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables,
  • L’économie circulaire qui permet la valorisation énergétique des déchets (méthanisation, CSR),
  • L’écoconception qui limite l’impact du produit au moment de sa consommation (conception d’un produit économe en énergie, résistant…).

Mais la transition vers une industrie bas carbone reste difficile pour nombre d’entreprises. Selon Guy Sidos, trois conditions doivent être remplies pour accélérer cette bascule : l’innovation, le financement et l’énergie décarbonnée. A ces conditions s’ajoutent, selon Chritel Heydemann, l’implication du dirigeant et l’accès aux compétences.

Pour faire face à ces freins, Fabrice Boissier décrit quelques aides proposées par l’Ademe :

  • Le guide des 743 bonnes pratiques pour optimiser sa consommation,
  • Le dispositif PROREFEI pour former son « référent énergie » (formation gratuite pour les entreprises de moins de 300 salariés),
  • Le programme INVEEST pour former les acteurs de la communauté financière industrielle aux aides à la transition énergétique.
  • Le fonds chaleur qui participe au développement de la production renouvelable de chaleur,
  • Le programme PME gagnantes sur tous les coûts pour identifier les pertes cachées, calculer leurs coûts, proposer un plan d'action pour les réduire et optimiser les flux énergie, matières - déchets et eau tout en réalisant des économies récurrentes.
  • Les certificats d’économies d’énergie.

Pour conclure, Guillaume Boudy a également rappelé l’investissement de l’Etat et de la Région dans l’innovation à travers le Programme investissements d’avenir (PIA). Un dispositif reconduit depuis de nombreuses années pour soutenir la recherche, le transfert technologique, les instituts et les entreprises qui a déjà bénéficié à de nombreuses entreprises régionales : WAGA Energie, Hydroquest, Symbio, MCPhy, Gulplug¸ Hevatec, APIX Analytics.

La protection de l’environnement : une source de rentabilité et d’innovation

Bertrand Piccard à la journée Energies pour l'Industrie à Grenoble

Cette journée s’est terminée par une conférence inspirante de Bertrand Piccard, médecin, explorateur à l’origine de Solar Impulse, sur le thème « Changer d’altitude »… deux jours seulement après avoir battu le record de la plus longue distance parcourue en voiture à hydrogène !
Quelques conseils d’un aventurier pour les pionniers des solutions durables présents dans la salle :

  • Conseil n°1 : « L’avenir n’est pas une extrapolation du passé »

Selon Bertrand Piccard, les inventeurs doivent casser les règles. « L’innovation ne vient pas d’une idée nouvelle mais de l’abandon d’une ancienne croyance », à l’image du téléphone, considéré à ses débuts comme un objet sans avenir (car nécessitant une connexion entre chaque foyer) et révolutionné par la centrale téléphonique et le concept de réseau.
De la même façon, le concept d’avion solaire, n’avait pas été jugé réaliste par des ingénieurs en aéronautique car l’énergie générée semblait insuffisante. En effet, seule l’énergie à dépenser avait été étudiée et non pas l’énergie qui pouvait être économisée. Un problème résolu par une autre équipe d’ingénieurs dans le domaine naval en diminuant le poids des matériaux.

  • Conseil n°2 : « Prendre de l’altitude »

Selon Bertrand Piccard ne pas remettre en cause ses stratégies ou ses décisions augmente le risque d’échec sans solution alternative. A l’image du voyage en ballon dont on ne maîtrise pas la direction mais seulement l’altitude, il est important de se laisser la possibilité de changer de perspectives sur un sujet.
Par exemple, pour favoriser le développement durable il serait intéressant de considérer la protection de l’environnement comme une source de rentabilité et d’innovation et non plus comme une source de sacrifice et de coûts. Une idée concrétisée par « l’Alliance Mondiale pour les solutions efficientes » ** dont il est à l’initiateur, et qui a pour objectif d’investir dans 1 000 entreprises proposant des solutions rentables et durables. L’alliance compte déjà 308 entreprises dans son portofolio et plusieurs Auvergne-Rhône-Alpes dont par exemple Enerstone présente sur le showroom de la journée Energies pour l’industrie.

  • Conseil n°3 : « bruler les ponts derrière soi »

Pour monter le projet d’avion solaire et s’assurer de sa concrétisation, Bertrand Piccard avait annoncé son lancement dans la presse très en amont avant son véritable lancement.
Pour conclure, l’aventurier a rappelé qu’il n’y a pas d’aventure sans crise et a encouragé les pionniers des solutions durables à saisir les opportunités offertes par le développement durable.

(*) : Afnor, Axelera, Cetiat, Cetim, EDF, Grenoble-Alpes Métropole, Engie, GRT Gaz, Vicat, Ademe, Aliapur, CCI Auvergne-Rhône-Alpes, RTE, Tenerrdis, Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Naldeo, Opera Energie, Véolia, Allice, Schneider Electric

(**) Mettant son esprit pionnier au service des énergies renouvelables et des technologies propres, il s’est engagé à sélectionner et labéliser 1000 solutions rentables pour protéger l’environnement. Dans un troisième tour du monde, il souhaite les présenter aux décideurs, afin de les inciter à adopter des politques environnementales et énergétiques plus ambitieuses. (solarimpulse.com/world-alliance)

Contact : Emilie Dumas, Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, edumas@arae.fr

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Publié le 03 janvier 2020

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